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Propos de la ministre St-Pierre au sujet de l'AIEQ et déclaration du comité exécutif de l'association

Question posée par le député Stéphane Bergeron à la ministre Christine St-Pierre, suivie de la réponse  de la ministre et d'une déclaration du comité exécutif de l'AIEQ

Le Président : M. le député de Verchères, en principale.
M. Bergeron : M. le Président, en avril dernier, le premier ministre du Québec décernait à l'occasion d'une cérémonie solennelle la plus prestigieuse distinction de l'État québécois, l'Ordre national du Québec, à un certain Peter Klaus. Qui est Peter Klaus? C'est aux dires mêmes du premier ministre ni plus ni moins qu'un ambassadeur de la littérature québécoise en Allemagne. Il a développé le modèle québécois des études québécoises... le modèle allemand, dis-je, des études québécoises qu'il a partagé partout sur la planète durant toute sa vie.
Or, le gouvernement de ce même premier ministre a choisi d'amputer de 40 % le budget de l'Association internationale des études québécoises qui joue un rôle crucial d'appui à cette véritable diplomatie culturelle que constituent les études québécoises à l'étranger. Son budget ne s'élève plus qu'à un maigre 83 000 $ alors qu'il a déjà été de 235 000 $ avant les premières coupures en 2015. On prétend qu'à l'époque, la ministre des Relations internationales s'était battue, mais en vain, pour faire annuler ces coupures.
Compte-t-elle faire de même aujourd'hui?
Le Président : Mme la ministre des Affaires internationales... des Relations...
Mme St-Pierre : Merci, M. le Président. Il me fait grand plaisir de répondre à cette question, parce qu'il y a eu besoin de choses qui ont été écrites dans les journaux.
Je dois rappeler que l'organisation... l'association a été créée lorsque le gouvernement du Parti québécois avait coupé la moitié des représentations du Québec à l'international. Alors, pour combler, on avait créé cette association et c'est une association effectivement qui travaille très bien et qui fait le rayonnement du Québec à l'international.
Nous sommes en discussion avec la présidente de l'association qui est située à l'Université Georgetown à Washington et nous allons trouver le moyen de faire progresser l'association comme moyen de faire en sorte qu'elle puisse rayonner davantage et qu'on puisse avoir une bonne gouvernance des fonds publics de l'association. Nous sommes vraiment en lien avec l'association et croyez-moi, M. le Président, nous y tenons énormément. Merci.
Le Président : Ça met fin à la période de questions et de réponses orales.


Déclaration du comité exécutif de l'AIEQ

Il est inexact de dire que le ministère des Relations internationales et de la Francophonie est en discussion avec la Présidente de l'AIEQ. Celle-ci lui a adressé deux lettres depuis octobre qui n'ont pas reçu de réponse. Une rencontre a eu lieu en novembre entre les membres du comité exécutif, le sous-ministre Jean-Stéphane Bernard et le chef de cabinet de la ministre, Philippe Cannon. Les représentants du MRIF nous ont assuré qu'ils nous contacteraient sous peu pour nous présenter une solution satisfaisante. Cela fait maintenant quatre mois que nous tentons d'obtenir des détails sur cette «solution» et, en dépit de trois autres rencontres téléphoniques que nous avons eues avec le sous-ministre, nous ne sommes pas plus avancés qu’au mois d’octobre. Aucun détail, aucun document écrit concernant cette hypothétique « solution » n'a été fourni par le MRIF malgré notre collaboration constante, nos redditions de comptes et la remise de nombreux documents demandés par le MRIF. Dans le respect des pratiques de bonne gouvernance, dont la transparence, qui sont la norme de fonctionnement de notre association, nous avons demandé à être inclus dans les discussions qui se tiennent à notre sujet, mais le MRIF a ignoré cette demande.

Nous trouvons pour le moins étonnant d'entendre la ministre évoquer une «discussion» avec la Présidente de l'AIEQ. S'il y a des discussions au sujet de l'AIEQ dans les bureaux du ministère, elles se tiennent malheureusement sans les représentants de l'AIEQ.

Cela étant dit, le comité exécutif de l'AIEQ est ravi d'entendre la ministre exprimer son intention de trouver des solutions, et cela en dialogue avec l'AIEQ. Nous sommes impatients de pouvoir poursuivre les activités qui ont été la marque de notre réseau et qui se font la plupart du temps en synergie avec le MRIF et ses bureaux à l'étranger. Compte tenu de cette déclaration de la part de la ministre, le comité exécutif de l'AIEQ ose espérer que la coupe budgétaire imposée par le Conseil du trésor sera annulée et que le budget de l’association sera bonifié; il espère également pouvoir compter sur les deux prêts de service et les locaux que l’association occupe, de manière à relancer au plus vite ses activités.

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GÉRARD BOUCHARD
HISTORIEN ET SOCIOLOGUE
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